Garamond

By 22 novembre 2014 MyBlog No Comments

Les innovations d’ Alde Manuce

Depuis 1465, il existe des caractères typographiques reproduisant l’écriture des humanistes italiens. Très clair et très lisible, ce type d’écriture connaît un grand succès en Italie jusqu’à la fin du XVe siècle. Il se caractérise par son aspect artisanal, « la fermeté de son tracé, une certaine rusticité d’allure due au faible contraste de ses pleins et déliés» (R. Ponot). L’un des plus beaux modèles de cette lettre est le romain gravé en 1470 par un Français expatrié à Venise, Nicolas Jenson.

À l’extrême fin du XVe siècle toutefois, le dessin des caractères romains va être considérablement amélioré. L’initiative revient à un célèbre imprimeur, Alde Manuce, humaniste réputé et grand innovateur. Installé à Venise en 1494, Alde Manuce s’allie à un graveur de caractère italien, Francesco Griffo, dit François de Bologne. Il lui commande la gravure d’une nouvelle typographie romaine. Après plusieurs tentatives, en 1495, Griffo parvient à réaliser une lettre romaine particulièrement élégante et innovante, qui se caractérise par un fort contraste entre les pleins et les déliés, des capitales moins hautes que les lettres longues, et une graisse distribuée sur un axe moins incliné. Ce caractère est employé pour la première fois pour la composition du De Aetna de Pietro Bembo, publié par Manuce en 1495.

Deux innovations de l’imprimeur italien Alde Manuce marquent la fin du XVe siècle : la création d’une nouvelle typographie romaine et l’invention du livre de petit format, ancêtre de notre livre de poche.

Ce caractère est le prototype des caractères romains qui triomphent au XVIe siècle. C’est ce dessin de caractère que Claude Garamont améliorera dans les années 1540. Le caractère romain moderne est ainsi désigné, dans la classification de l’Association Typographique internationale (AtypI),
sous le néologisme de « Garalde», réunissant les noms d’Alde et de Garamont.

Grand innovateur, Alde Manuce charge également Francesco Griffo de graver le premier caractère italique (1499), ainsi qu’un caractère grec cursif, doté d’esprits grecs et d’accents, inspiré des manuscrits byzantins, qui remplace heureusement les rares polices grecques maladroitement gravées dont disposaient jusqu’alors les imprimeurs. C’est également à Alde Manuce que l’on doit l’invention du livre de petit format (in octavo), aisément transportable et manipulable, ancêtre de notre livre de poche.

Source: http://www.garamond.culture.fr/fr/page/les_innovations_d_aldemanuce

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