Le temps des choses

By 23 mars 2013 MyBlog, Student No Comments

Fanny Lopez did for her diplôma project a wonderfull work. We developed a really interesting solution to make text messages last forever, creating a typeface she would after embroide in different obects.

Fanny LopezFanny Lopez 2Fanny Lopez

By  Fanny Lopez

À l’heure du tout numérique, de l’automatisation et de la déshumanisation, une peur m’anime, celle de la perte, une perte non seulement matérielle mais aussi une perte des savoir-faire. L’ordinateur et la machine ont pris le dessus sur la main de l’homme, le dessin se raréfie, l’écriture à la main aussi. Avec ce changement de paradigme, notre rapport au temps change, tout doit aller toujours plus vite, l’information abonde en permanence. Mais au milieu de ce surplus d’informations, que gardons nous et pour combien de temps? Aussi, l’acte de créer de l’information, communiquer en permanence, ne nous mettrait pas en position d’en oublier le contenu aussi rapidement que nous l’avons créé? C’est dans ce contexte où tout n’est qu’image sur écran que j’ai mené ma réflexion. Peu d’entre nous peuvent se vanter de collectionner les lettres d’amour ou les cartes postales de vacances, nous collectionnons plutôt les mails et les textos, messages éphémères et qui par essence ne sont pas fait pour durer dans le temps. Le SMS est un exemple parfait des pratiques intégrées du monde contemporain, nous en envoyons et en recevons en permanence, les oubliant aussitôt. Mais quelle trace en aurons nous plus tard? Le SMS (short message service) est par définition un message court, tant dans sa forme que dans sa conception, généralement très rapide grâce notamment aux abréviations etc… Dans mon projet j’oppose et trouve un point commun à deux pratiques radicalement opposées: la broderie et le sms.

La broderie est une pratique artisanale qui demande du temps dans sa conception et sa réflexion, elle est matérielle et elle perdure dans le temps; tandis que le sms est par définition court et rapide dans sa conception et sa réflexion, il est numérique, immatériel et éphémère. De ces oppositions j’ai fait sortir un point commun: la trame. Si on prend l’étymologie des mots TEXTO, TEXTE et TEXTILE on trouve les mots trame et tissus. La toile à broder créé une trame sur laquelle on vient poser des points, qui eux même peuvent être associés au pixel numérique, la trame de l’écran. Pour mener à bien ce projet, j’ai tout d’abord effectué un travail de collecte et d’archive de sms reçus. Je me suis cantonnée à sélectionner des sms venant de 7 personnes qui me sont chères, ces fameux sms pouvant être totalement banals comme importants à mes yeux. Puis, j’ai créé une typographie pixel en 3 versions, travail à la main sur papier millimétré puis vectoriellement sur une grille numérique. Chaque sms sélectionné a été brodé au point de croix sur un objet du quotidien auquel nous ne faisons plus forcément attention, tout comme nos sms que nous avons toujours dans notre poche sans jamais les relire. Afin de rendre compte de l’opposition entre le temps long de la broderie et le temps court du sms, j’ai créé des étiquettes textiles sur lesquelles j’ai organisé à la fois le nom de la personne, son numéro de téléphone, l’heure et la date à laquelle le sms à été reçu, le nombre de points et de croix, la longueur du fil utilisé et enfin le temps en minutes de la réalisation.

 

The entire project can be found here.

 

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